Préambule
Ce texte est né d'une sorte de jeu littéraire qu'inventa une chère (et trop rare !) amie : raconter en 1500 signes, une histoire d'amour ou d'érotisme (il me semble même qu'elle autorisait un genre plus extrême !) avec un personnage fictif issu de notre univers littéraire ou cinématographique favori.
C'est probablement à elle et ce jeu que je dois l'envie d'ouvrir ce nouvel endroit pour y discourir de la face cachée de la lune.
C'est probablement à elle et ce jeu que je dois l'envie d'ouvrir ce nouvel endroit pour y discourir de la face cachée de la lune.
Trois lames effleurent mon dos, des reins à la nuque, légères et précises. Ma peau intelligente réagit et je mords mes lèvres. La chaleur de paumes, d'une bouche parcourt un chemin identique et s'achève sur mon cou en un baiser-morsure.Le reste est à l'avenant, une douceur de soie alternant avec une brutalité d'animaux. Je plonge à corps perdu dans cet échange, appelant le choc des peaux déjà moites, les frôlements exaspérants, goûtant de la langue et des dents un souvenir imaginé de combats anciens dans la neige lourde d'un dégel septentrional.
Parfois le métal réapparaît, une trace froide sur un bras, une fesse, une épaule qui ravive l'énergie qu'essoufflée, je perds. Avec une joie féroce, je retourne à la mêlée, agrippant sa chevelure dense comme un pelage, reculant d'autant le moment de l'abandon.
Un temps
Enfin je bascule dans ce gouffre où la conscience n'est plus qu'un fil éblouissant, en remonter à temps pour contempler son visage lorsqu'à mon tour, je l'entraîne dans l'abysse.
Je dors, lourde entre ses bras, le laissant à son sommeil inquiet et vigilant. Je dors pour faire provision de lui, avant que la ville et les siens ne l'enlèvent, avant de nous souvenir que nous nous aimons à perte. Nos univers sont étrangers et parallèles. Nous les taisons l'un à l'autre, par pudeur et par instinct.
Mon seul pouvoir est d'être capable, parfois, de croiser des parallèles.