
Il me manque une peau, grain, odeur
Dans le cou ce baiser abrasif qui me coupe les jambes et me trempe de sourdes envies
Ce point d'ancrage, taille, hanches
Il me manque au fond de la gorge ce goût à nul autre pareil pour ouvrir l'appétit
Entre les cuisses un souffle lourd à fleur de lèvres
Une langue sous laquelle roulent ces petits noyaux exaspérés
Il me manque une épaule à mordre
Des flancs à griffer
Des bras à nouer
Il me manque de combler ces vides
Il me manque.
Illustration : Le lit défait - Eugène Delacroix
Enfin ! Et quel beau retour…
RépondreSupprimerOn (je) se (me) languissait, mais c'est bien aussi d'attendre, une des composantes essentielles de l'érotisme.
RépondreSupprimerTrès troublant, ce dernier billet...! ciao bella...!
:-)
RépondreSupprimermerci de votre patience
mais vous savez bien, quand ça veut pas...
magnifique texte... au plaisir de vous retrouver...
RépondreSupprimerMerci Lsingulière
RépondreSupprimerLe plaisir est partagé :-)
trés beau texte , le manque me fait toujours penser aux vers de lamartine un seul être vous manque et tout est dépeuplé
RépondreSupprimerje vous offre le poême entier pour vous remercier de ce texte et de vos visites
Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.
Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !
Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.
Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
il est tard et j'aurais déjà du cesser d'aler et venir... aller... venir..!
RépondreSupprimerChut, on se calme, ça ne durera plus bien longtemps maintenant...
RépondreSupprimersardine
c'est quand on est "en manque" que l'on écrit ses plus belles phrases !
RépondreSupprimerSalut