Le crissement a éveillé ma peau dont le grain capte le frottement léger, sec et doux du fusain sur le papier, à mesure que mon corps s'ébauche sur les feuilles raisin.Un tracé poudreux esquisse la courbe de mon cou à l'arrondi de mon épaule. On effleure mon dos de cette ligne imperceptible qui le divise et s'accentue pour séparer mes fesses, mes jambes.
Je m'astreins à conserver une respiration lente et régulière, à museler le soupir fortuit qui troublerait la pose.
Mes seins s'érigent à l'idée de ce contact charbonneux qui contourne leur pointe. Des estompes caressent les ombres qui révèlent mes courbes, mes galbes, mes creux et pleins.
Je m'amuse à l'idée que mon visage offre à ces regards studieux une impassibilité lointaine tandis qu'entre mes cuisses serrées gonfle une impatience qui appellerait la rigidité douce et lisse d'une mine de plomb, roulant d'un bord à l'autre.
La séance terminée, je descendrai impassible, de mon piédestal, endosserai le peignoir réglementaire pour franchir les trois mètres qui me séparent du paravent sans que quiconque ne se doute du tumulte silencieux qu'ont soulevé ces curieux attouchements imaginés. Il faudra sans doute, dans l'ombre où je me rhabille, que je libère silencieusement ma conscience de ce trouble qui l'agite.
Beau retour au fusain en ce lieu où tu "libères ta conscience"…
RépondreSupprimerOui "libérer ma conscience" m'a paru un peu trop... vague :o)
RépondreSupprimerQue dire de plus que d'habitude pour louer la justesse de tes mots ?
La puissance de l'anticipation, "le pouvoir de l'imagination" à défaut de l'imagination au pouvoir...
Est-ce que les oeuvres seront publiées? ;-)
RépondreSupprimer@Alba : merci ça fait du bien de s'y remettre, mais c'est rouillé :-)
RépondreSupprimer@Gaëlle : trop vague ? allons c'est pas ton genre de manquer d'imagination :-D
Je ne manque pas d'imagination mais tes mots sont tellement plus précis, le reste du temps...
RépondreSupprimerOh non, je ne manque pas d'imagination. Mais on va arrêter d'imaginer, là, je suis au boulot tout de même ! :-D
je ne serai pas capable d'une seance impassible avec vous mais je ne sais pas dessiner vous ne craignez donc rien
RépondreSupprimerJe vous assure que lorsqu'on peine sur une courbe, une main, la perspective d'un nu allongé (les pires !!!) on oublie totalement l'érotisme du moment. C'est là qu'il doit être plaisant, pour le modèle, "d'abuser" en pensées de la situation.
RépondreSupprimervous savoir penser de m'abuser alors que je suis à la peine sur un galbe de votre cuisse me troublerai ...
RépondreSupprimer@Waid (ouf ! j'ai dû la relire plusieurs fois celle-là !)
RépondreSupprimerEt le dessin serait mauvais et vous prendriez une remarque du professeur ! Non, laissez tomber le dessin, Waid, tentez la poterie, le modelage, la peinture à doigts. La main directement à la pâte est plus votre style, non ?
je ne crois pas être tres manuel
RépondreSupprimerSérieux ou assistons-nous là à un flagrant délit de fausse-modestie ?
RépondreSupprimerou d'inconscience de ses capacités
RépondreSupprimerRelisez-vous :-)
RépondreSupprimeroh les ecrits sont souvent romancés vous savez ...
RépondreSupprimerMoi je suis meilleure en poterie qu'en dessin... Tu poserais pour moi, que je te modèle, te façonne, te pétrisse, te creuse et te lisse de mes mains humides et glissantes ?
RépondreSupprimer