A celui qui bouleversa ma vie en me convertissant au thé vert
Le Naturaliste prépare avec soin chaque expédition.Il trace l'itinéraire sur ses cartes du Tendre, repère les bivouacs, les points d'eau. Puis il prend la mer. Il a le cœur léger et le pied marin.
Il accoste, confiant. A-t-il seulement au creux du ventre, ce papillon qui frémit à l'idée du rivage nouveau ?
Il contemple un instant la lisière de cette jungle encore vierge de ses explorations, cherchant le passage. Enfin, il écarte doucement les frondaisons et pénètre.
Il est là dans son élément. Les yeux grands ouverts, il reconnaît les lieux. Il flatte d'une paume connaisseuse les courbes qui se présentent à lui. L'oreille aux aguets, il agace le mamelon sensible d'un fruit et observe un Premier Soupir qui s'échappe vers la canopée dans un froissement d'ailes.
Sous ses pas s'élèvent des parfums qu'il flaire à en perdre l'esprit. Il les discerne tous. Les boisés, les fleuris, les musqués qui montent des replis les plus secrets de l'humus. Il note les saveurs innombrables des écorces fines qui laissent sur sa langue des touches sucrées ou poivrées.
Une orchidée pourpre bée. Il y plonge son visage et s'enivre d'un étrange nectar salé. Il insiste sur le pistil menu de cette corolle pour débusquer une Jouissance Flûtée qui, farouche, se cachait de l'intrus.
Peu à peu, faune et flore se font à sa présence et se laissent dévoiler à sa soif de savoir. Car le Naturaliste est expert. Il n'a pas son pareil pour dénicher d'une main habile, d'une verge sûre, la Volupté Mordorée, le Frisson Annonciateur ou le Feulement Extatique. Il fouille, glisse, inspire, aspire, mord, lutte. Il découvre un épiderme, parfois deux, puis trois d'un même effleurement. Il explore des cavités obscures et palpitantes. Il s'attarde parfois sur une racine noueuse, érigée.
Enfin il capture ému et triomphant, un Grand Orgasme Choral.
Il s'en retourne fourbu, comme il est venu, la musette remplie d'Extases, d'Ardeurs et de Murmures Enfiévrés qu'il consignera en quelques mots dans ses Mémoires. Vite, avant que tout ne se dissolve dans la brume du Souvenir.
... comment dire...
RépondreSupprimerCa commence par un Silence confiant, respectueux,
puis un Silence aiguisé, intrigué ;
Et puis finir, un Silence médusé.
bon sang !
Euh...
RépondreSupprimerAlors là j'ajouterai un silence perplexe. J'irai même jusqu'à hausser un sourcil interrogatif, tiens !
:o)
RépondreSupprimerJe suis restée sans voix à la lecture de ce texte qui me laisse de plus en plus encline à penser que je n'écrirai jamais.
C'est tout d'abord un texte qui commence bien, tranquille, le style est là, le sujet intrigue, les images sont belles, j'y vais en confiance ; puis je me rappelle où je suis et je devine ta destination tout en me demandant comment tu m'y emmènes et une fois le dernier mot lu je reste... bluffée :o)
Sans un mot, sans un geste, juste les yeux écarquillés de tant de délicatesse et de ciselage pour des images et des sons aussi palpables...
Alors là je dis "Madame !"
(et en suivant des liens je me suis dit : Ah. Ok. Bon.)
hum... entre temps tout de même le Grand Orgasme Choral a rompu le silence ! bon, c'est pas tout ça, mais où ai-je rangé mon filet à papillons ??
RépondreSupprimer@Gaëlle : j'en rosi, dis-donc ! (mais qu'est-ce que tu es perspicace, quand même...)
RépondreSupprimer@Gaspar : sous le lit, à côté du fouet
Mais non, je ne suis pas perspicace, j'ai été voir par pur désoeuvrement... pour le reste, suffit de te connaître un toutipeu "IRL" et on tilte aussitôt :o)
RépondreSupprimerRosis, rosis, ça te va bien...
Rassure-moi, tu n'as pas découvert le thé vert seulement la semaine dernière ?
mais si mdelle gaelle elle a découvert le thé vert , le vrai chinois sans arôme rajouté que d'un peu de jasmin , en forme de boule qui s'infusent doucement et puis elle a appris l'art de l'infusion deux tiers d'eau bouillante un tiers d'eau froide pour atteindre 70e C
RépondreSupprimercomme ça vous êtes desoeuvrée ?
Le naturaliste joue à brouiller les pistes... Inutile de faire croire que l'un de mes trois lecteurs et demi est un artiste contemporain. Enlève ta fausse barbe, on t'a reconnu !
RépondreSupprimer@Gaëlle : j'ai surtout découvert le bien-fondé d'arrêter de boire du thé noir du matin au soir...
@u naturaliste faussement anonyme : je suis toujours désœuvrée quand je viens de finir de déguster un nouveau texte du Gabian... ou plutôt je n'ai aucune envie de retourner à mes occupations précédentes donc je procrastine et je vaque deci delà.
RépondreSupprimerEt je finis toujours par revenir à ma source que rien n'égale à mes yeux.
Comme Gaëlle, mon Amour et moi sommes bien surpris de cette découverte tardive du thé vert… Lui qui en boit depuis si longtemps, et te connait depuis si longtemps aussi, me semble avoir une part de faute! Hum. Mais souhaité-je vraiment qu'il t'eût accompagnée jadis sur ces chemins naturalistes ? Peut-être pas… :p
RépondreSupprimerC'est quand même marrant. On se mets à bloguer frivole sans provoquer la moindre vaguelette mais quand on laisse entendre qu'on aurait pu potentiellement ne découvrir le thé vert qu'à 39 ans, tout le monde s'inquiète ! :-D
RépondreSupprimerRassurez-vous mes belles amies, je bois du thé vert depuis belle lurette, mais je ne l'ai adopté en théières quotidiennes que depuis peu. (Parce que c'est beaucoup moins rigolo que les thés parfumés à ceci-cela avec un nuage de lait...)
Mais un jour, je vais développer un billet fantasmé autour du thé vert et tout rentrera dans l'ordre !
Oh tu sais, moi le thé...
RépondreSupprimerCe que j'en disais c'était pour être sure de comprendre le rapport entre le naturaliste, la découverte du thé vert et le bouleversement de ta vie, ce qui n'est tout de même pas un terme anodin !
Il s'avère que c'est une re-découverte, tout de suite c'est plus clair...
(je te rassure, mes premiers commentaires étaient tout de même entièrement dédiés à l'effet de ton texte sur mon entière petite personne)